jeudi 16 avril 2009

Une semaine de non-levé avec un sandwich, une tourte et...

La semaine a commencé par une histoire didactique et lue à multiples voix un soir dernier. Une heure ou deux, selon le nombre d’enfants à table (spectateurs/acteurs dont la concentration diminue tout de même avec l’arrivée de la fatigue). Une lecture en hébreu et en français, une lecture avec des arrêts pour savoir où la lecture s’est arrêtée. Oui les versions sont quelques peu différentes en style même si le fond est identique. Entre la lecture, les explications, les annotations de rituel et les différentes formes de récit, nous nous perdons tous à un moment ou l’autre de la Haggadah comme l’année dernière. Le plateau de Seder est sorti, et les « croques dans l’eau salée » se succèdent.
La veille, un ménage de la maison et surtout de la cuisine est de mise. Ce n’est pas un grand ménage de la cuisine à la Cléa et pourtant cette façon de faire me plait énormément : 1/ enlever les éléments dont nous n’avons pas envie pour des échanges ou autres ; 2/ sortir les bocaux de graines, céréales, produits d’hiver qui ne nous tenteront plus cet été et confectionner les dernières recettes… mais un dépoussiérage, un nettoyage à fond des placards et bocaux pour retirer tout le hametz (hometz) (enfin en principe… mais le multiculturalisme est là, donc les compromis aussi).

Alors la semaine se doit d’être sans orge, avoine, blé, épeautre, seigle (suivre mon explication de l’année dernière). Oublions les pâtisseries, viennoiseries, pâtes et pains du commerce. Oublions ce Mr Blop façon Makanai que j’alimentais pour bientôt (petit levain naturel au frais en attendant). Les matsot sont de sortie… et les balades au marais parisien aussi.



Cela donne des sandwichs particuliers de la maison jaune, mangés sur un banc de la Place des Vosges en compagnie de Palombes (des pigeons plus glamour, au costume violet et gris cendre, aux taches blanches comme un col de chemise, des pigeons ramiers)...


Pain non levé de farine de maïs (et peut-être de farine de matza) avec du pastrami, du caviar d’aubergine mangé avec un bout de sandwich, un friand au fromage avec des matsot.


Au retour de la charcuterie de la même maison jaune ou de la bleue, à l’angle de la rue des rosiers et des écouffes… et quelques petits gâteaux secs avec ou sans confiture, avec ou sans chocolat (fêtes normalement là pour une diète peu grasse et peu sucrée… mais aujourd’hui, le luxe !)

Et une tourte particulière… plat traditionnel de la semaine de Pâque dans le monde ottoman judéo-espagnol, tirée du magnifique livre « Le livre de la cuisine juive » de Claudia RODEN dont je vous parlais .


Mina de espinaka (Tourte aux épinards avec matsot) un peu modifiée
500g d’épinard en branche
1 grosse poignée de mesclun
250g (ou plus) de cottage cheese
De la noix de muscade, du sel, du poivre
1 petite noix de gingembre frais
1 noix de miso
8 galettes de matza
4 œufs (+ 1 si la quantité de cottage cheese dépasse 350g)


Lavez soigneusement les épinards, essorez-les. Emincez-les en retirant les tiges dures et mettez-les à fondre dans un peu d’huile avec le gingembre épluché et émincé très finement. Rajoutez le mesclun et attendez que le mélange devienne presque pâteux.

Retirez les herbes du feu. Battez 3 œufs, rajoutez le cottage cheese et incorporez aux herbes refroidies avec du sel, du poivre et de la muscade.

Imbibez 4 galettes de matza dans un peu d’eau chaude avec le miso. Mettez-les à plat dans votre plat à gratin. Mettez la couche de garniture. Imbibez les 4 galettes de matza restantes et finissez le dessus. Mélangez un œuf battu avec le reste du miso et passez la mixture au pinceau sur le dessus en imbibant bien le tout. Enfournez à 180°C pendant 45 minutes. Servez avec de la soubressade, charcuterie crue espagnole.

6 commentaires:

Katell a dit…

Tu nous mets en appétit dès potron minet!
Je suis une fan du levain maison mais en ce moment, je le rate à chaque fois :-( question chaleur dans la maison: je vais attendre encore un peu avant de m'y remettre (cet été mon levain était superbe!).

fortunato a dit…

ah - ! - diététique quand tu nous tiens

nick a dit…

à part la tradition juive, dans le pain levé, il est vrai qu'il y a quelque chose de vaniteuse. Qu'il soit gonflé, exagéré, plutôt qu'"il parait" qu'"il est". Je ne connaîs pas trop les sens de rituels juif. Mais le pain plat et dur fait effectivement endurcir(??) l'esprit. Mais disons que la vanité est délicieuse aussi...

Francine a dit…

Ah la Place des Vosges, beau souvenir pour moi...

Aline a dit…

Mmmm, j'ai peu de connaissances quant à cette gastronomie, mais tu as réussi à me mettre l'eau à la bouche! Chouette!

Vanessa a dit…

Katell: tu fais ton levain maison! Génial! Moi, depuis que la semaine de Pessah est finie, je le réalimente mais je ne connais pas la texture attendue alors je crois qu'il se nourrit doucement sans se rendre compte que je l'attend pour travailler.

Fortunato: diététique et religion, même! Une sacrée question, oui! As-tu reçu mon mail?

Nick: j'ai été ravie de redevenir vaniteuse... en frictionnant et alimentant mon premier levain maison grâce à Makanai (je te connais par son blog d'ailleurs).

Francine: oui une belle place... Mariage&Frères à tes débuts de passionnée?

Aline: tant mieux, à réserver tout de même (en version matza) pour l'originalité (les lasagnes à la manière de... seront plus goutus!)